30 juin 2011

Friendly fires – Pala


Il y a trois ans, tout le monde ou presque louait, un peu trop fort à mon goût, les mérites du premier album des Friendly Fires. Sans rien inventer, le groupe distillait une poigné de tubes dans un style disco rock dansant et pétillant. Alors que je prévoyais une fin prématurée au groupe, je dois bien avouer que les Friendly Fires tiennent toujours la barre haute et passent finalement bien le cap du second album.
Comme toujours, sans trop d'originalité, le groupe fait encore mieux que sur leur premier album, avec une musique un peu plus copieuse que par le passé. A l’image, l’an passé, du disque des Scissor Sisters, "Night Works", "Pala" nous offre des hymnes pop dansants, absolument imparables et sans gras, plutôt bien écrit et produit sans faute de goût. Du coup, l’album devient vite addictif et se révèle en fin de compte être une sacrée bonne surprise ; un disque ludique, fait pour apporter de la bonne humeur, un disque sans arrière-pensée, à consommer sur place et qui viendra gentiment garnir la bande son de notre été 2011.
[8/10]
XL recordings -juin 2011




A écouter sur deezer et spotify

29 juin 2011

Idaho - You Were A Dick


Rescapé des années 90, Jeff Martin et son projet Idaho auront connu des évolutions notables depuis 1993, avec aussi des projets parallèles pour le cinéma ou la télévision et des fortunes diverses avant ce retour à la lumière avec un album à la fois tranquille et tumultueux, bien à l’image que l’on peut se faire de la musique d’Idaho. Si l’orage semble passé depuis bien longtemps, faisant place à un calme apparent, c’est pour mieux laisser éclater un songwriting apaisé, qui donne vie à des folk songs aussi brillantes que paisibles, avec un aspect presque bucolique qui se dégage de l’ensemble.
Jouant du piano (éclectique) et de la guitare (nourrie de feedback) à part égale, Jeff Martin, s’accommode parfaitement de cet équilibrage, enrobant chaque titre, d’arrangements aussi discrets que subtils qui donnent à ses chansons la beauté, la sérénité et la rondeur que l’on apprécie depuis longtemps chez Lambchop.
[8/10]
Talitres/Differ-Ant - Juin 2011


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28 juin 2011

Marian - Only our Hearts To Lose


Je suis sûr que le petit monde de l’electro pop sera très heureux d’accueillir en son sein Marek Hermann et Fabian Reichelt, le duo qui se fait aussi appeler Marian et dont le premier album vient de sortir sur le label Freude Am Tanzen. Parce qu’entre Junior Boys et Erland Øye, Marian fera très bonne figure.
Avec leurs beats souples (sans jeu de mot), leurs mélodies minimales, la voix chaude de Fabian Reichelt, des boucles de synthé entêtantes, le son de ces allemands a tout pour plaire à l’amateur de pop house légère, de bon goût et qui ne manque pas de fantaisie comme le prouve le titre "Empty room" avec son sample de la musique de la série 80's "K2000". Il manque juste à l’album deux ou trois titres qui tuent pour convaincre la planète du bien fondé de leur association. Mais la formule est là, reste plus qu’à trouver la bonne recette.
[7/10]
Freude Am Tanzen - juin 2011



23 juin 2011

John Tejada - Parabolas


Récemment signé chez les allemands de Kompakt, l’autrichien de naissance exilé depuis longtemps à Los Angeles, John Tejada, sort son nouvel album ce mois-ci. Considéré comme une pointure dans son genre, John Tejada nous offre ici 12 morceaux d’une techno assez légère, aux sonorités très claires, aux beats légers qui ne sont pas sans rappeler, par moment, l’ambiance froide des premiers Orbital. Disque de salon aussi bien que de dance-floor, "Parabolas" a le don de vous caresser toujours dans le sens du poil, de proposer des mélodies aussi légères que fugaces très agréables à l'oreille. Si l’on aura vite oublié cet album sans doute trop vaporeux, trop sage, trop "musique d’ambiance", le plaisir immédiat qu’il procure par ses douces sonorités et ses harmonies légères devrait déjà suffire à nous faire passer un agréable moment.
[6.5/10]
Kompakt/Module - juin 2011


21 juin 2011

Puzzle Muteson - En garde


Non content d’avoir signé le très bel album du folk singer Sam Amidon en 2010, le label islandais Bedroom Community réédite la performance avec cette fois le premier album de Puzzle Muteson, "En garde".
Natif de L’ile de Wight, Puzzle Muteson dévoile sur son premier album un univers aussi intimiste que dépouillé dans lequel la voix haut perchée du garçon s’avère être l’élément le plus étrange le plus touchant. Sans atteindre des sommets de bizarrerie comme chez Connan Mockasin ou Sigur Rós, la voix de Puzzle s’avère pourtant troublante à bien des égards. Remplie de légers trémolos elle donne l’impression d’être toujours sur le fil de la rupture.
Construites à la guitare, autour de laquelle on distingue des arrangements électroniques discrets, des cordes, du piano, les chansons infiniment tristes de l’anglais racontent d'étranges histoires d'amour et d'animaux. Si ces thèmes vous parlent, même un tout petit peu, il ne vous reste plus qu’à allumer les bougies, à éteindre la lumière de votre chambre et à passer 42 minutes en compagnie de ce délicat jeune homme.
[7.5/10]
Bedroom Community - juin 2011



20 juin 2011

4 Guys From The Future - Under the new morning sun


4 garçons revenus du futur et même du passé si l’on en juge à l’écoute de leur album "Under the new morning sun". Dans ce passé, ils sont allés faire un tour du côté des Beatles et plus récemment de MGMT, des Flaming Lips ou du Beta Band pour aller y chercher quelques belles influences pop psychédéliques.
Composées d’abord par Bjarke Porsmose, les morceaux sont devenus ensuite l’œuvre d’un collectif danois qui s‘est formé à Berlin en 2009 et rassemblé autour de Bjarke. A force de recherches, de tâtonnements, d’improvisation, le groupe a réussi à donner naissance à 9 chansons globalement plutôt réussies, jouant autant sur les mélodies que sur l’intensité qui peut se dégager de l'ensemble. Signé sur le petit label français Underdog Records, l’album paraitra en octobre 2011 et à mon avis, on devrait en reparler d'ici là.
[8/10]
Underdog Records - octobre 2011

18 juin 2011

When Saints Go Machine - Konkylie


D’abord, il y a cette voix haut perchée et aux harmonies complexes qui fait tout de suite penser à celle d'Antony Hegarty, le lyrisme et le côté affecté en moins. Et puis il y a cette musique electro pop aux accents post-punk/new wave avec ses sons de synthés estampillés 1982 qui rappelleront le récent et très bel album d’Austra. Voilà, le décor est planté, reste plus qu’à se fondre dans l’ambiance, à se projeter dans cet univers musical rétro assez codifié mais qui, au bout de deux ou trois titres, parvient très vite à dépasser ses références pour nous emmener vers des choses très intéressantes.
Car les quatre danois aux commandes de se projet font bien plus que de la pop nostalgique, ils parviennent à composer un ensemble de chansons modernes, alternant le chaud et le froid et dans lesquelles les cordes s’invitent et viennent apporter le petit plus qui donne un aspect souvent bien singulier aux compos de When Saints Go Machine, à l’image des titres plus épurés qui clôturent en beauté l’album.
[7.5/10]
!K7/la baleine - juin 2011


A écouter sur deezer et spotify

15 juin 2011

v/a Monster K7 : Kawaii, Carton Sonore, (Nit)neroc, GNG.


Un peu de musique "récréative" avec la nouvelle sortie du label Monster K7. Un label "fait à la main" depuis 2006 comme il est précisé au dos de l’emballage. Avec cette dernière et imposante livraison de musique, on (re)découvre 4 groupes : Kawaii, Carton Sonore, (Nit)neroc et GNG. Soit 22 titres répartis sur un double album où il est question de musique folk acoustique (parfois électronique), pleine de drôlerie, de bonne humeur et d’imagination.
Monster K7, c’est principalement de la toy music (ukulélé, cloches, xylophone, piano jouets…) faite de bric et de broc, mais avec de vrais morceaux de mélodies dedans, garantie sans OGM ni colorants et composée avec des produits régionaux. Et si l’on inventait un label bio pour la musique, sûr que Monster K7 serait le premier à l’obtenir.
[7/10]
Monster K7 - mai 2011

Letna - Adria


En plus d’être une fameuse marque de caravane, "Adria" c’est aussi le nom du nouvel album de Letna. Connu pour ses productions sur les netlabels italiens Zymogen ou Mandorla, Sasa Vojvodic, qui est également le co-fondateur de SEM label avec Alexandre Navarro, distille depuis quelques années ses sonorités glitch, ses fields recordings, ses guitares préparées dans des compositions claires et chatoyantes qui coulent telle l'onde d'une rivière paisible que rien ne semble pouvoir perturber. Comme Alexandre Navarro, le français d’origine serbe, met tout en oeuvre pour donner vie à une musique ambient très douce et lumineuse à fois, remplie de sonorités abstraites dans lesquelles viennent se poser quelques clicks & cuts délicats et des micro mélodies. Tout ça donne un ensemble très agréable et idéal pour le repos du corps et de l'esprit.
[7/10]
SEM Label - mai 2011

Should - Like A Fire Without Sound


Le label américain Words on Music a le choc pour dénicher des groupes de derrière les fagots, exhumer des disques magnifiques et oubliés des années 80 tout en défendant une ligne artistique impeccable axée, en gros, sur le beau et la mélodie. Et les exemple sont nombreux (Lorna, For against, Coastal...) pour dire que le catalogue du label de Marc Ostermeier a connu peu de baisses de régime depuis ses premières sorties.
Avec Should, il sera de nouveau question de jolies mélodies et de délicatesse mise en musique, mais surtout de retour puisque le groupe revient après 13 ans d’absence avec un nouvel album dans lequel on découvre une dream pop alanguie, qui ravira les amoureux de Slowdive, Galaxie 500 et autres douceurs shoegaze des années 90.
Rien de bien énorme dans tout ça... la monotonie se fait même un peu sentir après la première moitié, mais l’infinie douceur qui se dégage de cet ensemble fait qu’on restera plutôt indulgent avec cet album admirable de modestie.
[7.5/10]
Words On music

Album à écouter sur spotify + 2 titres sur bandcamp



11 juin 2011

Planningtorock - W


Sans être pourtant un amateur forcené des sorties du label DFA de James Murphy, je dois dire que je me suis laissé gentiment prendre par le second album de Planningtorock. Inconnue au bataillon, en tout cas dans le mien et dans celui que je fréquente, ce pseudo cache une jeune femme nommée Janine Rostron, née dans le nord de l'Angleterre, diplômée des beaux-arts et qui vit à Berlin depuis une dizaine d'années.
D’inspirations diverses (synthé pop 80’s ?), la musique pop de Planningtorock est absolument incasable, inclassable, et parfois déroutante car lorsque l’on pense enfin tenir une piste, le morceau suivant anéantit tous vos espoirs de qualifier le son de ce bien étrange projet. Vous l’aurez compris, le mieux est encore de se caler "W" entre les deux oreilles et de se laisser porter par les chansons singulières, baroques et envoûtants de Planningtorock.
[8/10]
DFA/Cooperative music - mai 2011


Album à écouter sur deezer et spotify

08 juin 2011

Aladdin - We were Strong, So we Got Lost


Décidément l’homme de 1001 et projets, Gilb’r (Cohen) s’associe cette fois Nicolas Ker de Poni Hoax pour un groupe nommé Aladdin. Entre chien et loup, le duo revisite tout un pan de la musique post punk des années 80 en associant rock et electro dans un mélange à la fois très actuel et très référencé (Depeche mode, Alan Vega…). Si Nicolas Ker nous avait déjà habitué à ce type de performance à travers son groupe d’origine et ses featurings dans les albums de Aeroplane, Black Devil Disco club ou Krikor & The Dead Hillbillies, en revanche, pour le boss de Versatile, c’est plus nouveau, bien que l’on sente, depuis quelques années, les orientations de son label nettement plus tournées vers ce type de son (Zombie Zombie…) que vers la House music des origines.
Sans être énorme, il lui manque peut-être deux ou trois titres forts, l’album reste très intéressant, réussissant le parfait équilibre entre romantisme noir ("Come to the fair") et electro/ krautrock planant ("K-Maro").
Jamais démonstrative, toujours tenue, la musique du duo reste cohérente de bout en bout et vient compléter le catalogue d’un label qui, plus que n’importe quel autre, a su passer le cap des années 2000 grâce à des choix artistes toujours judicieux, à l’image de cette récente et belle sortie.
[7.5/10]
Versatile/Module - juin 2011



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06 juin 2011

A Second Of June - Psychodrama

Et l’on reparle du label herzfeld avec la sortie du second album de A Second of June, après le remarqué "The Inside Laws" paru en 2008. Toujours encré dans une atmosphère musicale qui évoque les années 80/90, aussi bien la la cold wave, la dream pop que le shoegaze. Derrière une pochette plus qu’évocatrice, on découvre 11 titres très directs, sans superfu, arrangés sobrement mais qui dégagent, dès les premiers instants, un éclat, une brillance qui ne se démentira pas jusqu’à la fin.
Jouant à fond la carte risquée de la nostalgique, le groupe strasbourgeois s’en tire pourtant avec les honneurs, ne faisant jamais des références qui collent à sa musique un argument commercial ou une formule à la mode mais plutôt un atout, une force qui se dégage tout au long de l’album comme c’est le cas également par exemple chez The Radio Dept.
"Psychodrama" confirme ainsi tout le talent de ce groupe qui, à défaut de faire le buzz, devrait séduire pas mal de monde pour ses qualités musicales intrinsèques mais aussi pour l’honnêteté et la simplicité qui ressortent de ce projet.
[8/10]
Herzfeld - Juin 2011



A second of june - Seagulls in a bag from Sarah on Vimeo.

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