31 mars 2011

Wols - Unframe


Wols est un duo venu de Russie, et le moins que l’on puisse dire c’est que leur musique ne laisse pas indifférent. D’un point de vue formel, le son de Wols oscille entre dub, hip hop dubstep et electronica. Si le mélange à de quoi laisser sceptique au départ, très vite on se rend compte que ce groupe a le petit truc en plus qui rend tout de suite sa musique accrocheuse.
Jouant des boucles, des sonorités électroniques distordues et des breakbeats, comme on n’en n’avait pas entendus depuis longtemps, Wols construit ses morceaux sur des claviers soviétiques vintages, répétant inlassablement des motifs qui distillent une ambiance moite et saisissante sur toute la bonne première moitié du disque.
Si on ne va pas crier trop vite à la révélation de l’année et faire de Wols le nouveau Massive Attack, on reconnaître tout de même à ce groupe un vrai talent de composition et dévoile une richesse dans la production qui en fait un des groupes les plus prometteurs du moment.
[8/10]
Pingipung/module - mars 2011

30 mars 2011

Joash - Don't Fear It, Fight It


Label important de la fin des années 90, durant la période phare de l'elecro/bossa/jazz, Compost Records fut notamment à l’origine de ces fameuses compilations "Glucklich" dont les pochettes en noir et blanc représentaient de voitures Volkswagen. Moins en vue depuis une dizaine d’années, le label munichois refait surface de temps en temps avec des albums souvent intéressants. Parmi ceux-ci non notera ce récent Lp de l’anglais Joash.
Si ce dernier s’est d’abord passionné pour la techno de Plastikman et de Laurent Garnier, par la suite, la découverte du jazz à travers les vieux disques de Gainsbourg a nourri son imaginaire. Pas étonnant donc de retrouver dans sa musique ces toutes ces influences mêlées. Résulta on a là un disque élégant, qui rappelle un peu l’univers de Cinematic Orchestra, avec ce mélange de cordes, de synthés, de sonorités électronique et de breakbeats qui fonctionne à merveille.
Si les titres chantés constituent les moments les moins intéressants de l’album, ils restent minoritaires et ne viendront certainement gâcher le plaisir que l’on aura à l’écoute de ce très joli disque.
[7.5/10]
Compost/Module - mars 2011

29 mars 2011

Nakion - Oh Ah!


Non ce disque ne date pas de 1983 mais bien de 2011. Il est l’œuvre d’une jeune coréenne qui s’est fait connaître avec un premier album autoproduit il y a deux ans. Pour cette nouvelle sortie, c’est sous l’égide du label parisien Tigersushi qu’elle sort Oh Ah!, un album où il est question de musique robotique, comme à la belle époque des Art OF Noise, Telex et autre Cabaret Voltaire. On ne sait pas si Nakion compose ses musiques sur du matériel vintage, mais on doit dire que l’illusion est parfaite, car elle recycle tous les codes et les gimmicks sonores de cette première période de l’electro moderne avec des sonorités assez bluffantes.
Si tous les titres ne sont pas forcément tous passionnants, on reconnaîtra au moins à ce projet l’envie d’aller vers des choses rétro expérimentales tout en gardant un aspect pop, dansant et ludique comme pouvaient le faire les groupes cités plus haut en référence.
[6.5/10]
Tigersushi/Module - avril 2011

26 mars 2011

Im Takt – Ep


Voilà un groupe de jeunes brestois qui n’en veulent, à l’image de leur fière équipe de ligue 1 ! Avec leur pop moderne, un brin tribale, un brin disco, mais surtout très sautillante, qui doit autant à LCD Soudsystem et Hot Chip qu’à de jeunes groupes comme Foals, Friendly fires ou !!!, Im Takt déboule avec 4 titres instrumentaux et plutôt accrocheurs. Néanmoins, difficile de dire si cette formule sans voix est capable de tenir la longueur sur un album et surtout si tout ça ne fera pas doublon avec tous ces groupes qui évoluent dans le même registre, avec des sons et des productions souvent assez semblables. L’album qui devrait suivre nous en apprendra sans doute beaucoup plus quant au potentiel de ce groupe.
[7/10]
Upton park - avril 2011

25 mars 2011

Rubik - solar


Le premier album de Rubik (Dada bandits, 2009) m’avait laissé assez froid et assez distant, sans doute du fait que je ne suis jamais parvenu à savoir par quel côté prendre la musique de ce groupe finlandais. Trop foutraque, trop bariolée, partant dans tous les sens, maquant d’une ligne directrice, elle avait fini par m’épuiser avant que j’en vienne à bout.
Pour ce second album, le groupe semble s’être quelque peu calmé, mettant un peu plus d’ordre dans ses compositions, avec une ligne musicale plus claire, plus vite identifiable.
Plus mélodieux, plus souple, véritablement moins barré et donc plus accrocheur que son prédécesseur, "Solar", mixé par Ben Allen (Animal Collective, Deerhunter...) s’avère également plus réussi, plus facile d’accès, avec une poignée de pop songs joyeuses et entraînantes, et d’autres plus mélancoliques. Mais la plupart ont en point commun d'être vraiment enthousiasmantes, dégageant en fin de compte une belle énergie.
[7/10]
Talitres - avril 2011

21 mars 2011

Compilation Ed Banger - Let The Children Techno


En 1977, Santana demandait "Let the children play". En 2011 c’est le label Ed Banger qui demande à son tour à ce qu’on laisse les enfants jouer... de la techno !!!
Plus electro-pop, que réellement techno, mais avec une bonne dose de p-funk, Let the Children Techno signe donc nos retrouvailles avec le label parisien Ed Banger et bien sûr avec les têtes de gondole que sont les incontournables DJ Mehdi, Busy P, Mr Oizo ou encore SebastiAn.
Tout ça est assez varié, très french touch, on se croirait revenu, par moment, aux grandes heures du label Source avec des titres pleins de vieux samples à l’image, par exemple, du titre "Hipgnosis" de Duke Dumont ou encore du "Tragicomehdi" de DJ Mehdi.
On est aussi très content de retrouver Zombie Nation, ou encore Flying Lotus qui termine en beauté et en douceur cette compilation, un peu trop dense et copieuse sur certains titres, mais de laquelle on appréciera au moins la moitié des titres proposés.
[7/10]
ed Banger - févr. 2011

Tracklist :
1. Mr Oizo “Let The Children Techno”
2. Busy P “Procrastinator”
3. Duke Dumont “Hipgnosis”
4. Siriusmo “Idiot”
5. Para One & Tacteel “Infinity Riser (Remix of Bernard Fevre’s Dali)”
6. Breakbot “Shades of Black”
7. Sebastian “Enio”
8. Mattie Safer “Is That Your Girl?” (feat. Telli From Ninjasonik)
9. Gesaffelstein “The Voice”
10. Cassius “Shark Simple (L-Vis 1990 & The Neon Dreams Remix)”
11. Djedjotronic “The Invisible Landscape”
12. Discodeine “Grace”
13. Feadz “Far From Home” (feat. Claude Violante)
14. Brodinski & Tony Senghore “Anagogue”
15. Bobmo “Control”
16. Zombie Nation “Relax”
17. Riton “One Night Stand”
18. Skream “Boat Party”
19. DJ Mehdi “Tragicomehdi”
20. Flying Lotus “Caravan Of Delight”

18 mars 2011

Those Dancing Days - Daydreams And Nightmares


Quand cinq suédoises se réunissent sous l’appellation Those Dancing Days, qui doit son nom à d’un titre de Led Zeppelin, le résultat donne quelque chose de frais et d’immédiat. Le genre de disque très vite assimilé, qui s’écoute sans faim et dont le plaisir (assez éphémère) que l'on en retire vient avant tout des singles pop qui parsèment l’album.
A la fois Bananarama, Kim Wilde et Blondie… ces filles du nord ont le sens incroyable de la mélodie et du rythme, deux qualités qui rendent leur"Daydreams And Nightmares" assez irrésistible.
[7/10]
Universal - févr. 2011
Album en écoute sur deezer et spotify

16 mars 2011

Talib Kweli - Gutter Rainbows


Bien qu’étant assez fan des productions de Talib Kweli, j’étais passé à côté de son album avec son pote Hi-tek sous le nom de projet Reflection Eternal. Heureusement, le garçon est assez prolifique et le voilà de nouveau dans les bacs avec un disque en solo.
Sans être renversant, "Gutter Rainbows" nous offre malgré tout une bonne poignée de titres punchy et groovy à commencer par le titre d’ouverture, le confortable et subtil "Gutter Rainbows".
Et pour un peu que l’on se laisse aller a apprécier des sucreries comme "Mr International" et d'autres, on passera un agréable moment avec et album de hip hop, plutôt varié, qui puise ses influences autant dans le son du passé que dans celui du moment.
Au bilan, on pourra dire que Talib Kweli réussit là un album malin, souvent facile, mais très agréable, aux arrangements jazzy-groovy, que les amateurs de hip hop "smooth" ne manqueront pas d'apprécier à sa juste valeur.
[7.5/10]
Duck Down/Blacksmith/Module - févr. 2011

12 mars 2011

Sin Fang - Summer Echoes


En 2009, j’avais aimé "Clangour" le précédent album de Sin Fang (Bous) pour sa richesse sonore, pour son coté patchwork mais aussi pour la richesse de ses harmonies, de ses envolée mélodiques, le feu d’artifice permanent proposé par le garçon durant tout l’album. Deux ans plus tard, Sindri Már Sigfússon revient un peu moins seul, un peu plus entouré d’amis du collectif Mùm pour un disque qui, s’il suit le même chemin que son prédécesseur, s’avère moins surprenant et finalement sans grande surprise.
La fraicheur et la naïveté qui ressortait de "Clangour" laissent place ici à quelque chose de peut-être plus réfléchi, de plus produit, plus emberlificoté j’ai envie de dire. Bref, l’immédiateté et le côté bricolo qui faisaient la force du précédent ne se retrouve pas ici et l’album finit par lasser assez vite, les titres se fondant un peu les uns dans les autres. Certes, l’écriture est toujours aussi sympa, les chœurs, quoi qu’un peu trop systématiques, font toujours leur effet, mais on n’est pas emporté comme on l’aurait voulu.
[6.5/10]


09 mars 2011

The Boxer Rebellion - The Cold Still


Si vous vous demandiez ce que pourrait donner un croisement entre The National et R.E.M., la réponse se trouvera peut-être dans ce troisième album de The Boxer Rebellion.
Combo londonien, The Boxer Rebellion se situe dans un courant rock sombre et mélancolique qui n’hésite pas, par moment, à sortie l’artillerie lourde pour conquérir son public. Et comme souvent dans ce genre de situation, ça passe ou ça casse. Ici, j’ai envie de dire, que c’est selon l’humeur du moment, selon les titres. Au début un poil agaçant, à cause des références trop évidentes qui vous sautent aux oreilles à la première écoute, on finit par accepter le groupe pour ce qu’il est : un groupe de seconde division, sympa, honnête, mais assez laborieux et qui semble condamné à rester dans l’ombre des cadors de premier league. Et rien que pour ça, il en deviendrait presque touchant.
[6/10]
Ada global/naive - févr. 2011
Album en écoute sur deezer et spotify

08 mars 2011

Cosmos70 - Holy Wheel EP


En attendant leur nouvel album "A Poet with Nothing to Say" prévu pour le 6 avril prochain, les Cosmos 70 nous donnent quelques nouvelles à travers un Ep très réussi dans lequel on retrouve la patte féconde de ce trio lyonnais, dans un style electro pop cosmique et cinématographique, aux accents vintage assez prenante. Au final, ça donne trois titres directs et accrocheurs que l’on espère voir faire des petits dans le second album.
[7.5/10]
bee records - févr. 2011
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