28 février 2011

Kawaii – Missill


Derrière la pochette flashy qui évoque l’univers du manga et du jeu video, on découvre , comme on pouvait s’en douter un peu, un musique 8bit, un son régulièrement associé au jeu vidéo.
Dès les premiers titres, on se rend compte que la demoiselle qui se trouve derrière ce pseudo japonais, a mis une bonne dose de pop et de hip hop dans sa musique 8bit, le but étant sans doute de toucher un public un peu plus large que les fans de base de ce son si particulier.
Malgré l’aspect assez conceptuel de l’album, on trouvera sans peine une poignée de singles plus qu’accrocheurs dans ces 13 titres bourrés jusqu'à la gueule de sonorités 8bit distordues, de breakbeats et de flow hip hop.
Et s’il l’on accepte le côté un peu rêche du son 8bit, on se laissera facilement pendre au jeu (video) avec un album beaucoup plus ambitieux et beaucoup plus varié qu’il n’en a l’air au départ. Un album hyper énergisant, dansant, punchy… le genre de petite chose qui a le don de vous mettre la patate en un rien de temps.
[7.5/10]
Atmoshériques - février 2011

Album en écoute sur deezer et sur spotify

27 février 2011

Beans - End It All


Ce nouvel album de Beans a beau être un disque de hip hop, il renferme en lui une dimension pop/electro qui le rendra sans doute plus accessibles aux oreilles d’un large public, appréciant les productions hybrides, comme c’est le cas ici.
Pour ce "End it all", le leader d’Anti-Pop Consortium s’est entouré d’une flopée de musiciens venus d’horizons très différents. C‘est ainsi que l’on retrouvera, au gré des titres, des gens comme Tunde Adebimpe de TV on the radio, mais aussi Four Tet, Ade Firth, DJ Nobody, Bumps de Tortoise, Tobacco, ou encore le batteur d’Interpol. Un beau featuring qui donne à l’album des couleurs et des tonalités changeantes et inattendues tout au long des morceaux.
Résultat, l’écoute se révèle très agréable et sans longueur, laissant l’auditeur profiter pleinement de ces diverses collaborations, pour un des disques de hip hop les plus intéressants du moment.
[7.5/10]
Anticon/la baleine - févr. 2011

24 février 2011

Nicolas Jaar - Space Is Only Noise


On pourra parler sans doute de dustep à l’écoute de ce premier album de Nicolas Jaar mais tout de même, le terme qui vient d’abord à l’esprit c’est celui de trip-hop. Un trip-hop chic pour compilation de bar lounge et autre "Hôtel Costes". N’allez surtout pas y voir là une quelconque injure. Il y a des titres formidables sur les compilations "Hôtel Costes" ! Mais simplement, j’ai plus l’impression d’avoir ici affaire à une succession de titres d’ambiance, de musique ornementale, qu’autre chose.
Par ailleurs, il y a un côté daté dans la musique de Nicolas Jaar, avec un son très MAO et une production qui nous ramène aux disques de trip hop de la fin des années 90, à toute cette vague chill-out/jazzy largement propagée par des gens comme Kruder & Dorfmeister.
Pourtant très élégant, très agréable à écouter, avec quelques moments de grâce, notamment le dernier qui clôture l'album, "Space is Only Noise" n’en reste pas moins un disque mineur, assez paresseux par moment, pour un garçon dont on attendait sans doute mieux, en tout cas avec une musique un poil plus ambitieuse.
[6.5/10]
Circus company/la baleine - févr. 2011


autres avis sur des chibres et des lettres, Le noise et Tasca potosina

16 février 2011

Talons' - Songs For Boats


Les sorties d'albums "slowcore" ne sont plus si fréquentes qu’il y a quelques années, pourtant Hélio P. Camacho, amoureux du genre depuis toujours, et son petit label luxembourgeois continuent de faire vivre le genre en mettant en avant des albums assez confidentiels à l'image de celui de Talons’.
Epuré et touchant de simplicité, on écoute ce premier album de l’américain Mike Tolan avec un certain plaisir, se lassant bercé par ses doux murmures et ses arpèges de guitare, comme on pu le faire par le passé avec les albums des Red House Painters. Toutefois, on ne pas dire que Talons’ arrive quand même au niveau de ses illustres ainés.
Sans doute par manque de relief, de diversité dans les mélodies et dans es tonalités choisies, la lassitude gagne tout doucement au fil des titres,. Et comme pour Good Night & Good Morning, autre récente sortie du label Own records, on regrettera le côté un peu uniforme l’album, malgré l'indéniable beauté qui se dégage de ces folk songs trop tranquilles.
[7/10]
Own records - févr. 2011



A lire un entretien d'Hélio P. Camacho, sur autres directions.

14 février 2011

John Lord Fonda - Bang The Fire EP


Avec Vitalic, Teenage Bad Girl, The Micronauts et Arnaud Rebotini, John Lord Fonda fait partie des noms qui comptent sur la scène techno française. Son retour aux affaires pour 2011 est donc une très bonne nouvelle, d’autant que son "Bang The Fire !" EP qui annonce un nouvel album pour avril 2011 est une jolie réussite.
Voici un EP qui nous ramène quelques années en arrière quand on raffolait de ces longues montées orgasmiques et de ces chevauchées techno ultra puissantes. Rien de bien neuf dans la façon de faire de John Lord Fonda, mais on remarquera seulement que l’efficacité et l’intensité sont encore une fois au rendez-vous, ce qui n’est déjà pas si mal.
[7/10]
Citizen records - fevr.2011
Ecouter un mix du EP

12 février 2011

Aucan - Black Rainbow


Si le premier album de Aucan était plutôt orienté math-rock, celui-ci tire plus du côté du big beat tendance electro bien sombre. Un peu à la manière des français de Depth Affect, mais avec beaucoup moins de talent (ou d’idées), les italiens misent tout sur des beats énormes et des sonorités électroniques distordues, sur lesquels viennent se poser par moment un flow assez rageur, pour ne pas dire braillard. Le résultat est assez contrasté, avec une alternance de titres durs et de titres plus tranquilles, ce qui a le mérite de donner un certain relief à l’album et surtout de laisse reposer nos oreilles entre deux saillies "electroïdes".
Rien de bien neuf donc du côté de Aucan. Et même si le groupe a évolué dans sa façon de faire de la musique, on ne peut pas dire que le groupe se soit trouvé une vraie personnalité à travers cet album, certes efficace, mais assez banal en fin de compte au regard de ce qui s’est déjà fait par le passé dans un genre similaire.
[6/10]
Africantape - févr. 2011

11 février 2011

Oh No Oh My - People Problems


Une chose est sûre, quand on regarde la pochette de l’album, le nom du groupe, on se dit que ces gens ont de l’humour ! Et comme en plus ils savent écrire de bonnes chansons, il n’y aucune raison pour que l’on passe à côté de leur musique.
Et il ne faudra pas plus de deux ou trois écoutes pour se rendre compte que l’on a affaire ici à un groupe plutôt doué. Et si l’apparente simplicité ou banalité de leur pop songs pourra en laisser quelques-uns sceptiques sur le moment, une écoute approfondie viendra confirmer que ces texans valent mieux qu’un passage rapide dans nos oreilles et que la qualité des arrangements, la finesse des mélodies et les beautés des refrains constituent suffisamment d’atouts réunis pour que l’on considère ce groupe bien plus que comme un simple avatar des Beatles et de Grandaddy réunis.
Parsemé de tubes inde-pop taillés pour la pub et les séries, "People Problems" est un disque facile à écouter, idéal pour voyager et qui vous caresse toujours dans le sens du poil avec ses chœurs légers, ses guitares, ses cordes et ses claviers lumineux. Assurément une des belles surprises de ce début 2011.
[8/10]
Bar/None Records - janv. 2011

Album en écoute sur spotify

09 février 2011

Laetitia Shériff - Often False


Loin de toute branchitude pop-rock, Laetitia Sheriff mène une carrière musicale assez discrète, malgré deux albums remarqués (”Codification” en 2004 et “Games Over” en 2008) en compagnie de Gaël Desbois et Olivier Mellano, et des collaborations plutôt audacieuses avec Piers Faccini et Yann Tiersen, et en studio avec Psykick Lyrikah et Robert Le Magnifique. C’est d’ailleurs sur le label (Idwet) de ces derniers que parait son nouvel album, "Often False".
Tranquille, minimaliste, expérimental, tels sont les trois premiers adjectifs qui viennent à l’esprit à écoute de "Often False". Pour le coup, on aurait envie de dire que Laetitia Sheriff la joue Sonic Youth sur ce disque, mais un Sonic Youth apaisé, la disto débranchée. En 12 titres et quarante minutes, la française présente un album quasi instrumental, épuré, presque fantomatique, rempli de silences, avec des titres construits principalement autour de la guitare. Et si tous ces morceaux ont été, à la base, écrits pour une pièce de théâtre, pas étonnant donc de trouver un côté "musique de film" dans cet album à la fois intense et mystique, et finalement très réussi.
[7.5/10]
Idwet/D'Unijambiste - janv. 2011

En écoute intégrale sur CD1D

08 février 2011

Conquering Animal Sound - Kammerspiel


Depuis quelques temps déjà, on note l’arrivée d'une multitude de groupes (souvent assez intéressants d’ailleurs) ayant tous pour ambition de jouer une musique pop baignée d’electronica et assez éloignée des formats traditionnels. C’est le cas de Conquering Animal Sound, un duo écossais qui marche en même temps sur les traces d’Au Revoir Simone et de Björk, pour déboucher sur un album fort délicat et plutôt recommandable.
D’abord parce que Anneke Kampman et James Scott se montrent tout de suite doués pour les jolies mélodies mélancoliques, les harmonies bucoliques, mais aussi pour l’emballage sonore, avec une façon d’arranger tout ça de manière assez dépouillée tout en faisant ressortir pas mal de choses au final et notamment un joli équilibre entre instruments acoustiques/jouets et sonorités numériques.
Sans être foncièrement original, Conquering Animal Sound parvient à faire un album très agréable, assez lumineux, un peu long sur la fin, mais qui devrait ravir ceux qui gardent un très bon souvenir de Mùm, par exemple.
[7.5/10]
gizeh records/Module - févr. 2011


04 février 2011

v/a Kompakt - Pop Ambient 2011


Compilations phare de la scène électronique actuelle, les "Pop ambient" et "Total" rythment notre année au son des musiques électroniques techno et ambiant, nous offrant à chaque fois, leur lot de surprises et de nouveautés.
On va se répéter, mais tant pis, cette nouvelle livraison est encore une fois passionnante. Parce que comme nulle autre, elle sait capter notre attention, nous saisir l’esprit avec une poignée de titres minutieusement choisis et agencés de telle sorte, qu’à son contact, on entre tout de suite dans une sorte de voyage stratosphérique ou cinématographique pendant un peu plus d’une heure. A la réalisation, on retrouve quelques habitués des plateaux que sont Marsen Jules, Jurgen Paape ou Thomas Fehlmann qui livre là une relecture du "Titan" de Gustav Mahler, en compagnie du Montreal Symphony Orchestra. On notera aussi quelques petits nouveaux et également une fameuse collaboration entre Alva Noto et Blixa Bargeld (voix d’Einstürzende Neubauten) pour un titre digne des B.O. minimalistes de John Carpenter, pour un titre qui tranche un peu avec le reste. Pas besoin d’en dire plus, la livraison 2011 de la série "Pop ambient" vaut le détour.
[8/10]
Kompakt/Module - janv. 2011

Tracklist :
01 ANBB Alva Noto & Blixa Bargeld - Bernsteinzimmer
02 Marsen Jules - Once in a Moment
03 Triola - Dunkelraum
04 Wolfgang Voigt - Ruckverzauberung 1
05 Bhutan Tiger Rescue - Beginner's Waltz
06 Jurgen Paape - Ein Schoner Land
07 bvdub - Make the Pain Go Away
08 Crato - 30.6.1881
09 Barnt - Libretto
10 Mikkel - Metal The Other Side of You
11 Jens Uwe Beyer - Volax
12 Thomas Fehlmann - Titan
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