31 janvier 2011

Melodium - petit jama


Chaque année ou presque, Laurent Girard, le garçon à la tête du projet Melodium depuis 1999, nous donne de ses nouvelles à travers des albums publiés sur de petites structures ou auto-produits comme c'était le cas avec "lullabies for adults" ou "palimpse", et comme c’est le cas ici ou comme . Composé sans direction précise durant ses dernières vacances de Noël, ce court album ne devrait pas trop surprendre les habitués du son Melodium, car on y retrouve tout ce qui fait le charme habituellement de la musique de l’angevin, à savoir ce mélange de beats lo-fi, de guitare et de petites mélodies minimalistes aux sonorités analogiques, toujours très touchantes avec, ici et là, quelques petites touches ambiant abstraites et délicieuses qui renforcent l’aspect mélancolique des musiques. C'est simple, délicat, faci leà écouter. J’aime, comme on dit sur Facebook.
A noter que 5 de ses dernières productions sont désormais en écoute sur son Bandcamp. J'aime.
[8/10]
Melodium - janvier 2011


27 janvier 2011

Agoria - Impermanence


Seulement le troisième album d’Agoria (sans compter la très bonne B.O. pour le film "Go Fast"), "Impermanence" montre que le boss du label Infiné a su faire évoluer son style au fil des années et que, depuis "Blossom" (2004) et "The Green Armchair" (2006), de l’eau à coulé sous les ponts en matière de musique électronique car l’heure est désormais au calme et au raffinement chez le lyonnais.
Avec "Impermanence" il signe son album le plus pop, proposant des ambiances et des styles très différents tout au long des 10 titres proposés. Et si le disque débute par le très dépouillé et très jazz vocal "Kiss My Soul" c’est pour enchaîner ensuite avec quelque chose de nettement deep techno qui rappelle immédiatement le style de Underworld ou encore celui de Carl Craig avec ces petits relents soul, jazzy qui parsèment le disque de bout en bout.
Disque élégant, propre, facile à écouter et sans faute de goût, "Impermanence" n’apportera rien de spécialement neuf au genre mais permettra sans doute aux non spécialistes d’apprécier cette musique dance-floor et de se laisser bercer par ces longues plages tranquilles, ces sonorités électroniques délicates et sans heurt.
[7/10]
Infiné - janv. 2010

Tracklist :
01. Kiss My Soul (feat. Kid A)
02. Souless Dreamer (feat. Seth Troxler)
03. Panta Rei
04. Simon
05. Speechless (feat. Carl Craig)
06. Grande Torino
07. Heart Beating (feat. Kid A)
08. Little Shaman (feat. Scalde)
09. Under The River
10. Libellules

20 janvier 2011

Crocodiles Inc - Generalized suspicion of experts


Crocodiles Inc, que l’on pourrait confondre avec les américains de Crocodiles et qui, hasard du calendrier, sortent eux aussi un album la même semaine et dans un style de musique pas si éloigné que ça de celui des français.
Les Crocodiles qui nous intéressent aujourd’hui constituent la nouvelle sortie du label français Herzfled à qui l’on doit quelques beaux disques pop de l’année écoulé (Herzfeld Orchestra, Romeo & Sarah, Buggy). Nettement plus rock que les groupes sus-cités, Crocodiles Inc. Renvoie directement aux années 80 avec cette voix si caractéristiques qui rappelle les heures post punk et de la Cold wave (Killing Joke) avec tous ces groupes aux voix graves que pouvaient être les Joy Division et autre Sister Of mercy.
Disque nerveux et sombre à la fois, "Generalized suspicion of experts" rappela sans doute aussi à certains le style de Poni Hoax ou de Turzi, groupes avec lesquels Crocodiles Inc semble partager cet amour pour les claviers aériens, la reverb' et ces harmonies obscures si convaincantes. Voilà donc un groupe et un disque qui offrent une teinte nouvelle à un label strasbourgeois, toujours prêt à surprendre son auditoire.
[7.5/10]
Herzfeld - janv. 2011

17 janvier 2011

My Jazzy Child – The Drums


On avait laissé My Jazzy Child (Damien Mingus, la moitié de Centenaire) en compagnie de Domotic , en 2009, pour un fort agréable mais trop court Ep plein de mélodies, de sons divers, d’instruments de toutes sortes, de voix en chœur et de mains qui claquent. Le voilà de retour en solo pour un album nettement plus rock’n’roll, qui démarre sur un stimulant roulement de batterie et qui va nous conduire durant une trentaine de minutes sur des sentiers bien fréquentés mais toujours très agréables.
Avec 14 chansons, très courtes, dont une bonne petite reprise du "Perfect Day" de Lou Reed, My Jazzy Child signe un album plus contrasté qu’il n’y parait au premier abord, s’offrant des respirations acoustiques folk, presque exotiques par moment, bien vues, au milieu de titres globalement noisy / lo-fi, à découvrir de suite sur son bandcamp.
[7/10]
Clapping Music - janv. 2010

14 janvier 2011

Isolée - Well Spent Youth


Même dix ans après, personne n’a oublié l’album "Rest", de l’allemand Isolée qui, en pleine french Touch, venait redéfinir les contours de la tech-house avec une musique à la fois dansante, complexe et aérienne et harmonieuse, comme on n’a avait encore jamais entendue. Cinq ans plus tard et après une trop longue attente, Isolée donnait une suite honnête mais sans folie à son premier album. Et donc, le troisième volet arrive aujourd’hui, avec toujours la même attente et l’espoir de retrouver la musique inspirée qui nous avait subjuguée à l’époque. Et bien on attendra encore un peu car si "Well Spent Youth" reste un honnête album de minimimal house, propre et appliqué, il lui il manque pourtant cette petite touche mélodique, ce côté fun et décontracté qui pourrait faire toute la différence. Car à faire de la musique trop cérébrale, on finit par endormir son auditoire et c’est bien dommage. Rendez-vous dans cinq ans peut-être pour la suite.
[5/10]
Pampa Records - janv. 2011


11 janvier 2011

Del - Songs We Wrote # 1


Le label We Are Unique Records (Raymonde Howard, Lunt, Angil…) démarre l’année 2011 sur les chapeaux de roue, avec le premier album de DEL qui a mis du temps à éclore pour un groupe formé depuis 7 ans déjà. La faute à de nombreux projets dans lesquels sont impliqués les membres du groupes, à commencer par Angil and the Hiddentracks.
Derrière cette pochette dessinée par l’auteur de BD Guillaume Long ("La cellule" chez Casterman), on découvre un album bien dans l’esprit des productions du label stéphanois, avec des chansons pop foutraques, ni vraiment pop, ni vraiment rock ni vraiment folk, mais qui se présentent plutôt comme un mélange de tous ces courants, dans un style ultra décontracté. Le genre d’album qui sent bon la production maison, le disque de copains, réalisé dans un esprit en total dilettante. D’autant que dans cette production artisanale, on trouve quelques bonnes chansons, principalement dans la première partie du disque, dans un esprit lo-fi, proche de celui de groupes chéris des années 90 tels Sebadoh, Beck, Pavement.
Ainsi, DEL apporte sa pierre au petit mais précieux édifice We Are Unique Records dont on est toujours heureux de découvrir les nouveautés.
[7/10]
We Are Unique Records - janv. 2010
Del - Answering machine song

Del - You Wear Your Hair Much Too Long


Album en écoute sur Deezer

10 janvier 2011

Wire - Red Barked Tree


Parmi tous les groupes anciens qui reviennent cette année, Wire n’est pas le plus intéressant de tous. Sans avoir jamais vraiment disparu de la circulation (on note des albums parus en 2003 et 2008), le groupe post-punk anglais, séparé un temps puis reformé, revient donc en 2011 avec toujours la même envie, à savoir faire du rock, encore et toujours, sans trop se préoccuper des modes et du temps qui passe.
Avec cette belle détermination, le groupe de Colin Newman repart donc une nouvelle fois à la conquête du public, histoire de se rappeler au bon souvenir des fidèles, mais aussi, pourquoi pas, de faire de nouveaux adeptes, de toucher des jeunes susceptibles d’être intéressés par la musique de Wire, plus de 30 ans après sa formation originelle.
Sans fioriture, sans chercher forcément à apporter quelque chose de plus au truc, Wire propose 11 chansons rock, simples et directes, pleines de bravoure et finalement assez touchantes pour une groupe qui vieillit finalement très bien.
[7/10]
Pink Flag - janv. 2011


Critique aussi chez Playlist Society et Random Songs

En écoute sur Spotify et soundcloud

06 janvier 2011

Death And Vanilla EP


Saluons l’arrive d’un tout nouveau label situé dans le nord-est de la France et qui a pour nom Hands In The dark. A leur actif, pour le moment, on compte deux sorties dont ce fameux "Death & Vanilla Ep" paru fin 2010. Un ep signé par un duo suédois dont le style rappelle assez bien tout ce qu’on a aimé chez Broadcast, Caraocake, ou Au revoir Simone, à savoir une façon de faire, un style pop élégant et mélancolique qui débouche sur des chansons nostalgiques, aux accents 60’s et aux mélodies immédiatement identifiables.
Groupe du mois sur le site Net Emergence en décembre 2010, Death & Vanilla fait une entrée remarquée sur la blogosphère. Espérons que la suite soit du même acabit pour que l’on dise encore plein de jolies choses sur ce groupe.
[7.5/10]
Hands In The dark - déc. 2010

03 janvier 2011

Sylvain Chauveau - Singular Forms (Sometimes Repeated)


C’est toujours un plaisir pour moi de retrouver les musiques de Sylvain Chauveau. Même si certaines de ses productions me touchent moins que d’autres, souvent les plus expérimentales, (son projet on avec Steven Hess, notamment), je reconnais que j’aime particulièrement les titres chantés depuis son disque de reprises de Depeche Mode, l’excellent "Down to the Bone". Dans ce nouvel album, sorti sur Type, il propose là encore des titres chantés, à l’image de ce que fait depuis quelques années David Sylvian, à savoir poser sa voix chaude et tranquille sur des notes de piano éparses, accompagnées, de drones, de sonorités numériques glitch. Le résultat donne quelque chose d’assez minimaliste au premier abord, mais une fois dans l’ambiance, on se régale de ces miniatures pop, de ces pop songs ambient, dans un album court mais assez intense.
[8/10]
Type - déc. 2010

01 janvier 2011

James Blake - CMYK EP / Klavierwerke EP


En 2010, j’aurai ajouté au moins un nouveau mot dans mon vocabulaire : Dubstep. Un mot que j’ai surtout utilisé pour évoquer la musique de Mount Kimbie et de James Blake, les deux seuls groupes/artistes a m’avoir réellement convaincu cette année dans ce genre mélangeant dub, electronica et pop comme c’est le cas ici . Si je reconnais ne pas avoir tout écouté de ce qui s’est fait en matière de dubstep (voir le classement de Chroniques électroniques), ces deux Eps réunis constituent malgré tout pour moi un vrai motif de satisfaction dans le sens où ce garçon a su redéfinir en partie le genre à une époque où la musique électronique semble un peu en perte de vitesse.
A travers ces deux Eps, on peu apprécier notamment un jeu sur les samples (surtout) vocaux, extrêmement intéressant et ludique, mais aussi sa manière de filtrer et compresser les boucles. Musique à la fois complexe et facile d’accès, le dubstep vu par James Blake est surtout l’espoir de découvrir de très belles choses dans les mois à venir.
[9/10]

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