28 septembre 2010

That Summer - Near Miss


En 2005, je faisait connaissance avec l’écriture fine et sensible de David Sanson alias That Summer à travers un album long en bouche et dont entrevoit enfin une suite aujourd'hui.
Si les précédents albums restaient avant tout le projet de David Sanson, ce nouvel opus ouvre une nouvelle ère et se présente plus comme une réalisation collective composée en compagnie de Etienne Bonhomme (Innocent X), Olivier Cavaillé et Nikolu Jorio. Une formation à laquelle viennent s’associer des noms tels que Bernd Jestram (Tarwater), Olivier Manchion (Ulan Bator), ou l'incontournable Sylvain Chauveau.
Résultat, on découvre un album à dominante rock, mais suffisamment varié pour qu’on y retrouve un peu des influences de chacun. Un album qui contraste sérieusement donc avec le précédent, qui était globalement plus électronique, plus posé, plus intime aussi.
Cette fois, le piano s’est quelque peu effacé au profit des guitares, plus présentes que jamais, notamment dans la première partie du disque, avec des morceaux assez noisy pop et rapides qui rappellent autant Sonic Youth que Depeche Mode ou Cure.
Mais dans l’ensemble, le disque confirme à la fois l’évolution du groupe mais aussi son envie de proposer des pop songs soignées pour une écriture toujours aussi agréable.
[8/10]
Talitres - sept. 2010

23 septembre 2010

Laetitia Sadier - The Trip


Reconnaissable entre mille, la voix de Laetitia Sadier nous accompagne depuis le milieu des années 90, période durant laquelle on a découvert les pop songs étonnantes, aux accents krautrock, de Stereolab. Très vite devenue indispensable, la voix de Laetitia (tout comme le son de son groupe d'ailleurs), nous régale encore aujourd’hui. Et le nouvel album de Stereolab prévu en novembre chez Drag City sera sans une nouvelle fois l’occasion de le vérifier.
En solo ou avec son projet annexe, Monade, Laetitia Sadier affiche cette même tranquillité, cette même indolence qu'avec son groupe d'origine, ce qui constituerait presque sa "marque de fabrique".
Comme dans Stereolab, mais dans registre plus pop, on goûte ici ces mélodies lascives, ces douces harmonies, qui donnent aux chansons de ce disque un air de vacances, un côté exotique absolument délicieux que l'on trouvait sur l’album d’April March "Chrominance Decoder" paru à l’époque chez Tricatel. Une April March, que l'on retrouve d'ailleurs ici en guest, tout comme Richard Swift, ainsi que d’anciens comparses de Monade.
Avec des reprises de Gerswhin, Wendy & Bonnie, de Rita Mitsouko ("un soir un chien" ) et tout plein de chansons aux harmonies vocales subtiles qui rappellent un autre géant des années 90, les High llamas, Laetitia Sadier signe là un des albums les plus réjouissants de cet automne 2010.
[8.5/10]
Drag City - sept. 2010

21 septembre 2010

Benfay - Hey, what's wrong baby!


Le suisse Benjamin Fay que j’avais découvert à l’époque ou il publiait sa musique sur les netlabels, notamment feu-EKO netlabel, revient avec un sacré album de musiques électroniques au confluent de nombreux courants, entre abstract hip hop et electronica. Sans réelle ligne directrice, Benfay compose 13 titres qui évoquent autant les musiques de films d’Ennio Morricone revisitée trip-hop ("Obey", "No thought") que les plans Hip hop de certaines formations du label Ninja Tunes (Daedelus, Blockhead, The Herbaliser…). Plus on loin c’est Warp (Aphex Twin, Nightmares on Wax, Plaid) que l’on évoquera avec des sonorités nettement plus electronica, glitch
Mais malgré la diversité des rythmes et des styles, on ne sent jamais vraiment perdu dans la musique de Benfay, d’abord parce que tous ses sons nous ramènent à quelque chose de connu ou d’identifiable et ensuite parce qu’il réussit à apporter suffisamment de nuances, de relief et de mélodies dans un album qui ne vous prend jamais à rebrousse-poil et qui s’écoute des dizaines de fois avec à chaque fois le même plaisir.
[8/10]
Label : Everest Records - sept. 2010

14 septembre 2010

Blonde Redhead - Penny Sparkle


J’avais prévu de la faire belle, de passer des heures et des heures sur le dernier Blonde Redhead, pensant trouver avec "Penny Sparkle", le digne successeur de "23" et de "Misery Is beautiful" et autres beautés auxquelles le groupes nous a habitué depuis des années. Mais dès les premières écoutes, il a fallu se rendre à l’évidence, cet album ne marquera pas la discographie du trio new yorkais. Et je dois bien avouer que la déception est grande pour moi. Non pas que ce disque soit totalement mauvais, il est parfaitement bien produit, arrangé subtilement, mais voilà, ce qui a longtemps fait la grande force du groupe, je veux bien sûr parler des mélodies, des voix et des refrains, de ce point de vue là, on reste largement sur notre faim.
Rythmes downtempo, ambiances dream-pop, voix tranquilles, pour ne pas dire translucides, tout ça semble bien propret et bien aseptisé au regard de ce que le groupe a plus nous offrir par le passé. Ne voyez là aucune nostalgie de la période sonique (Youth), mais quand même, il y a de quoi ressentir de la déception à l’écoute de ce "Penny Sparkle" bien trop mainstream, bien trop passe-partout pour me convaincre. Car aucune chanson n’accroche vraiment l’oreille et très vite l’ennui gagne dans un album qui manque au final cruellement de relief.
Composé en grande partie de chansons fantômes, sans réelle profondeur, malgré quelques rares tentatives sur la fin, Blonde Redhead rate son coup là ou The XX avait réussi le sien en 2009.
[6/10]
4AD - sept. 2010


12 septembre 2010

Röyksopp : Senior


Après l’indigeste "Junior" (le plus mauvais album de Röyksopp à ce jour), les deux norvégiens nous devaient bien une revanche tant ils nous avaient laissé entrevoir les espoirs les plus fous à l’époque de "Melody A.M." et des fameux singles "Remind Me" et "Poor Leno".
Trois albums plus tard, le groupe a finalement choisi la facilité en jouant à fond le côté FM et en produisant des chansons souvent à la limite du mauvais goût. Mais voilà, qu’avec "Senior", Röyksopp semble vouloir revenir en arrière et montrer, cette fois, un versant plus obscur de sa musique, avec un album composé de 9 pistes instrumentale, assez loin du formatage de "Junior".
Résultat, le disque se révèle très réussi, très contrasté et extrêmement agréable à écouter, avec un son vintage et un petit côté "bande originale de film" des années 80 assez sympa. Les titres promènent d’une ambiance à l’autre, parfois à la limite du kitch, à l’image par exemple du titre "Tricky Two" que l'on croirait inspiré du générique de K2000. Ça c'est le vrai Röyksopp, en tout cas, le Röyksopp que j’aime !
[8/10]
Wall oF Soud/Pias - sept. 2010

Album à écouter en entier :


10 septembre 2010

We Love - We Love


Chic, élégant, moderne et clubby, c’est le premier album de We Love, un projet né de la rencontre entre un producteur DJ italien et un couple de graphistes vidéaste et musiciens italiens eux aussi. Tout ce beau monde se trouve réuni sous l’enseigne Bpitch (le label d’Ellen Allien) pour un premier album vraiment intéressant.
Au carrefour de différents courants artistiques, (mode, design, son, visuel…) ce projet met surtout en lumière la capacité du trio à composer des chansons pop electro souples, vraiment bien ficelées dans lesquelles ressortent à chaque fois des mélodies évidentes et des refrains assez vite mémorisables, un peu à la manière de Miss Kittin sur son formidable premier album. Résultat, là où parfois on s’ennuie au bout de trois titres, on découvre dans cet album un bon paquet de single et un vrai plaisir d’écoute comme ça avait déjà pu être le cas par la passé avec des gens comme Gus Gus ou Eveything But The girl.
[8/10]
Bpitch Control - sept. 2010


08 septembre 2010

Pokett - Three Free Trees


Ceux qui ont découvert Pokett en 2004 avec son premier LP "Crumble" se souviennent sans doute de cette pochette de disque assez singulière où l’on voyait une petite fille des années 70 jouant avec un téléphone jouet. Six ans plus tard, Stéphane Garry, l’homme à la tète du projet, continue à faire dans la singularité avec cette fois une pochette réalisée en 3D que l’on peut regarder avec des lunettes spéciales livrées avec la version vinyle de l’album. Voilà pour l’emballage,. Pour la musique, on retrouve le style que l’on avait aimé sur ses précédents disques même si, cette fois, le garçon fait, on va dire, plus dans la simplicité, pour ne pas dire dans le classicisme avec des pop songs franches et sans fioriture remplies de mélodies simples et attachantes.
Dans une veine qui rappelle toujours les valeurs sûres que sont Jim O’Rourke, Wilco, Nada Surf ou Elliott Smith, Pokett poursuit joliment, avec ce troisième album, sa petite aventure musicale qui devrait au passage faire de nouveaux adeptes.
[7.5/10]
French toast/Boutiques sonores/clapping music - sept. 2010





POKETT | MySpace Music Videos

02 septembre 2010

Jamaica - No Problem


Nombreux sont le groupes à surfer sur le succès interplanétaire de Phoenix en proposant une musique dont le son et le style se rapprochent de celui des versaillais pour espérer, pourquoi pas, connaitre eux aussi un belle réussite. A ce petit jeu là, les français de Jamaïca ne sont pas les plus mauvais, loin de la.
Même si le son pop FM vite identifiable, sous forte influence Phoenix/Justice, ne forgera pas forcément l’identité du groupe, en revanche leurs compos pleines de refrains fédérateurs et de mélodies faciles sont incontestablement le point fort d’un album stimulant et entrainant produit sous la houlette de Xavier de Rosnay (Justice) et de Peter Franco qui a notamment travaillé avec Daft Punk.
Ancien membres du groupe Poney Poney, Antoine Hilaire et Florent Lyonnet ont gagné en intensité et en intérêt en montant Jamaica et en signant un album qui devrait faire son petit effet sur les dance-floors parisiens branchés mais aussi dans la campagne vosgienne en ce bel automne 2010.
[7.5/10]
Cooperative music - août 2010


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