Au fond rien n’a vraiment changé chez les "drôles dames aux Casios" : toujours la même recette, simple et efficace qui consiste à chanter en chœur des pop songs légères et mélodieuses accompagnées de claviers vintage et de boites à rythmes. A ce petit jeu, on se dit qu’elles ne tiendront pas 107 ans… Mais pour l’instant, après presque trois albums, le charme est intact… même si ce "Still Night, Still Light" dégage quand même un petit air de déjà vu. Alors comme je ne voudrais pas répéter ce que j’ai pu dire à la sortie de "Bird of music" en 2007 , je dirai juste que ces filles ont toujours ce don inné pour mettre en place des pop songs vite entêtantes, que l’on est encore une fois touché par la mélancolie qui se dégage de l’ensemble, même si évidemment l’effet de surprise ne joue plus comme ça a pu être le cas par le passé.
[8/10] Moshi Moshi/Cooperative Music - avril 2009
Tracklist : 1. Another Likely Story 2. Shadows 3. All or Nothing 4. Knight of Wands 5. The Last One 6. Trace a Line 7. Only You Can Make You Happy 8. Take me as I Am 9. Anywhere You Looked 10. Organized Scenery 11. We Are Here 12. Tell me
Sans vraiment appartenir à un genre proprement dit, on peut dire que le deuxième album des italiens de Comfort se situe au carrefour entre jazz contemporain et musiques électroniques, tout comme peut l’être dans un tout autre style, celle de Amon Tobin. Moins mécanique et répétitive que celle du brésilien et sans doute plus proche de ce que peut proposer par exemple Four Tet, la musique de Comfort joue plus sur l’aspect ambiance, avec un coté cinématographique indéniable qui donneuse belle rondeur et un côté très concret aux morceaux. Extrêmement mélodieux, très agréable à écouter, ce "Sleep Talking Shared" confirme la bonne santé du label Stilll et ne devrait donc pas décevoir les amateurs de mélange des genres.
The Blue Seeds est un duo de Montréal composé de Amélie Laflamme et Francois Dufault qui joue une musique très évocatrice, dominée par la voix et la guitare, entre pop downtempo, country western, folk et trip-hop. Malgré tout, le style des chansons reste, dans un sens, très traditionnel et fait penser à pas mal de choses déjà entendues par le passé (Chris Isaac, Calexico, Archive, Texas…). Malgré tout, le groupe parvient quand même à tirer son épingle du jeu principalement en travaillant les ambiances, très cinématographiques, qui ressortent de l’ensemble. Un album pas renversant mais bien sympa et qui vaut son petit détour.
On avait bien senti avec son dernier album sous le pseudonyme de Double U que le Français Franck Rabeyrolles avait envie de découvrir de nouveaux horizons, de faire évoluer sa musique. C’est ainsi que l’on vit Double U muter vers quelque chose de plus pop, plus tourné vers les beaux arrangements et les mélodies soyeuses. Dans la lignée donc de l’album "The Imaginary band", Franck Rabeyrolles donne naissance au projet Franklin avec toujours ce soin apporté aux compositions en appuyant ici plus que jamais le coté vaporeux et éthéré de ses pop songs fragiles et lumineuses. Résultat on a là un album bien sympathique, très agréable aux compos soignées, mais auquel il manque une once d'originalité et surtout deux ou trois titres fort pour convaincre vraiment.
Tracklist : 1. Week Day 2. Lost House 3. In Your Bedroom 4. Into The Dark 5. Song For Tara 6. Big Cities 7. Wind 8. Psychotic Youth 9. Lonesome 10. Ambulance 11. Guilty 12. You Are
L’été s’annonce tout doucement et voilà déjà que les tubes dance-floor ensoleillés se profilent à l’horizon. A commencer par cet irrésistible "Tonight’s Today" signé Jack Peñate, un garçon que l’on a connu nettement plus rock’n’roll par le passé et qui propose là un mélange de musique caribéenne, de samba et de House music dans un titre très accrocheur. Une sorte d’hymne hippie dance-floor très prenant qui se décline ensuite sur trois versions dont celle très dépouillée signée Julianna Barwick. On attendra évidemment l’album pour voir si la tendance se confirme, mais pour l’instant tout ça est bien agréable.
[7.5/10] XL recordings/Naïve - avril 2009 JackPenate - TonightsToday
Plus encore que n’importe autre disque sorti ces derniers mois, ce nouvel album de Jeremy Jay fait, résonner en lui les années 80 (façon Joy Division) comme jamais. Enregistré en compagnie de Calvin Johnson (le fondateur du label K Records), "Slow Dance" envoie un son sec et une poignée de tubes faméliques aux oreilles de ceux qui auront bien voulu aller au-delà de cette pochette muette pour jeter une oreille aux chansons de ce garçon vite adopté par la presse spécialisée mais qui n’a pas encore confirmé les espoirs placées en lui. Pourtant avec cet album on a déjà un petit aperçu des capacités de Jeremy Jay... même si pour l’instant on en est encore au stade du brouillon. Allez, encore deux ou trois albums et on devrait arriver tout doucement au chef-d’oeuvre tant attendu En attendant on se contentera de ce gentil et sympathique album plein de sons de ma jeunesse et qui s’écoute vraiment sans faim.
[7.5/10] K Records/Differ-ant - mars 2009
Tracklist : 01 We Were There 02 In This Lonely Town 03 Gallop 04 Canter Canter 05 Slow Dance 06 Winter Wonder 07 Will You Dance With Me? 08 Breaking the Ice 09 Slow Dance II 10 Where Could We Go Tonight?
Mélangeant house music, shoegaze, pop, ambient et électronica, le groupe suisse Sinner DC trace son sillon depuis quelques années dans un style très personnel et avec une musique envoûtante comme le prouve le récent est très prenant "Crystalliszed". Porté par une poignée de singles incontournables, l’album met en avant des mélodies entêtantes, des voix éthérées, des sonorités électroniques planantes et vaporeuses que l’on croirait venues du grand nord, le tout dans une ensemble vraiment captivant et fort réussi. Avec des titres dans l’ensemble assez dance-floor, l’album parviendra pourtant à intéresser au delà de l’aspect "club" avec des titres qui rappellent également la beauté froide de certaines productions new wave des années 80.
[8/10] AI records / La Baleine - avril 2009 Sinner DC : Go for the stream
Dans la lignée de "Etiquette", (on confondrait presque les pochettes des deux albums) mais en plus posé et moins lo-fi encore, ce nouvel album de Owen Ashworth (l’homme au centre du projet) marque une petite évolution dans la discographie de CFTPA avec des pop-songs assagies, moins barrées où les machines se font moins présente mais où la voix chaude et mélancolique de Owen Ashworth fait toujours autant d’effet. Un album qui nous ramènerait presque du coté des Bill Callahan et autre Will Oldham. Une tournure qui n’est pas pour me déplaire et qui prouve que même la musique à base casio peu aussi vieillir comme du bon vin.
[8/10] Tomlab/Differ-ent Casiotone For The Painfully Alone - Natural Light
Tracklist : 1. Casiotone for the Painfully Alone vs. Children 2. Tom Justice, The Choir Boy Robber, Apprehended at Ace Hardware in Liber 3. Optimist vs. The Silent Alarm (When the Saints Go Marching In) 4. Natural Light 5. Traveling Salesman’s Young Wife Home Alone on Christmas in Montpelier, 6. Man O’ War 7. Northfield, MN 8. Killers 9. Harsh the Herald Angels Sing 10. You Were Alone 11. White Jetta
Après nous avoir régalé les sens avec, consécutivement, les albums de Barzin et de Reigns, le label anglais Monotreme nous propose, dans un tout autre genre, l’album des suédois de Jeniferever. Déjà auteurs de plusieurs albums, ces 4 scandinaves récidivent avec "Spring Tides", l’occasion de découvrir que ces garçons en ont sous la semelle et sont armés de solides référnces. Entre post-pop, shoegaze et relents new-wave (on pense souvent à The Cure, mais aussi à The God Machine, l’Altra…) Jeniferever présente des morceaux complexes qui font que l’on ne prendra toute la mesure de l’album après seulement quelques écoutes. Sans être franchement novateur, le groupe séduit avec un musique mid-tempo, mélancolique et longue en bouche qui ne conviendra pas aux impatients mais régalera sans aucun doute ceux qui aiment qu’un album offre encore des choses à découvrir après trois écoutes.
[7.5/10] monotreme/differ-ant - avril 2009
Tracklist : 1. Green Meadow Island 2. Concrete And Glass 3. Ox-Eye 4. St. Gallen 5. Nangijala 6. Sparrow Hills 7. Lives Apart 8. The Hourglass 9. Ring Out The Grief 10. Sping Tides
Power pop, indie-rock au programme de ce "Love, Hate, And Then There's You", soit le troisième album des Von Bondies, un quatuor chant/guitare/bass/batterie basé à detroit. Moins doués que Supergrass, moins puissants que les White Stripes, moins connu que Weezer mais bien décidés à faire autant de bruits que ces derniers, les Von Bondies ne manquent pourtant pas de bonne volonté ni d’énergie et savent sortir un vieux riff de derrière les fagots quand il faut. A l’écoute de ces 12 chansons pour 35 minutes, on a envie de dire que le cahier des charges est rempli et que, même si le groupe de propose rien absolument rien de neuf, il fait son job. N’attendez donc rien de particulier de ce Von Bondies, juste une poignée de rock-songs bien calibrés qui suffiront à mettre un peu d’ambiance dans la chambre à coucher ou au salon... Ce qui n’est déjà pas si mal.
[6.5/10] Fierce Panda/Module - avril 2009
Tracklist : 01. This Is Our Perfect Crime 02. Shut Your Mouth 03. Pale Bride 04. Only To Haunt You 05. 21st Birthday 06. She’s Dead To Me 07. Chancer 08. Blame Game 09. I Don’t Wanna 10. Accidents Will Happen 11. Earthquake 12. Modern Saints
Krazy Baldhead, c’est Pierre-Antoine Grison, un musicien de formation jazz et également ingénieur du son. Pas totalement un nouveau venu puisque son premier maxi est sorti en 2004 déjà sur le label de Pedro Winter,Ed Banger. Auteur de quelques remixes (Pivot ou dDamage…), il se retrouve également sur les deux dernières compilations "Ed rec" avant de nous présenter aujourd’hui son premier album. Habile mélange de jazz, de hip hop, de funk, d’electro, "The B-suite" tranche quelque peu avec les récentes sorties Ed Banger. Plus proche de Mr Oizo que de Justice, Krazy Baldhead envoie un groove énorme avec des breakbeats sautillants qui le rapprochent de gens comme Prefuse 73 ou des artistes du label Idwet. Derrière son laptop et entouré de TES (du label Lex) et de Outlines (US) pour les voix, Krazy Baldhead nous livre un album en quatre mouvements, contrasté et excitant, frais et plein de surprises à côté duquel il serait dommage de passer sans s’arrêter.
[8/10] Ed Banger/warner - avril 2009 Krazy Baldhead - The B-suite (teaser)
Groupe pop anglais assez peu connu en France (sauf peut-être des lecteurs de magic), à l’inverse de certains grosses écuries type Elbow ou Coldplay, Doves mène pourtant une carrière intéressante depuis 1998 avec déjà quatre albums au compteur sans compter ce dernier "Kingdom Of Rust". Sans rien avoir à envier à leurs congénères britons tant leur musique pop s’impose d’elle même, Les Doves signent là un cinquième album de facture assez classique, entre pop mélancolique et rock, duquel ressort malgré tout quelques singles très réussis. Pas de quoi non plus sauter au plafond ni même crier au génie avec ce "Kingdom Of Rust", mais juste de quoi se faire plaisir avec un disque de brit-pop bien fichu en entraînant.
[7/10] EMI - avril 2009 Doves - Kingdom Of Rust
Doves -House Of Mirror
Album en écoute complète sur Spotify Tracklist : 1 · Jetstream 2 · Kingdom Of Rust 3 · The Outsiders 4 · Winter Hill 5 · 10:03 6 · The Greatest Denier 7 · Birds Flew Backwards 8 · Spellbound 9 · Compulsion 10 · House of Mirrors 11 · Lifelines
Les chansons du petit déjeuner concoctées par Too Soft (le duo Pol et Virginie) sont légères et s’écoutent sans faim. Dans un genre pop à la française qui va de Tahiti Boy (ça tombe bien il est à la production) en passant par Cocoon, on découvre un mini album 7 titres, charmant comme tout qui, certes ne va pas révolutionner le genre pop/folk mais qui apportera généreusement son lot de bonne humeur et de gaieté dans une matinée qui commence avec du pain grillé et de la confiture.
[7/10] Reset/EMI - avril 2009 Too Soft : Sexy plastic girl
Album en écoute complète sur Spotify Tracklist : 01. Sexy plastic girl 02. Eskimo 03. Playmobil 04. Bubble gum 05. Welcome 06. Caribou 07. Morning sun
S’il est des disques qui sont synonymes de soleil, de farniente et de coolitude, ce second album de Mop Mop ("Kiss Of Kali") en fait largement partie. Derrière le projet Mop Mop se cache l’italien Andreas Benini, un musicien producteur attaché autant au courant jazz qu’à la musique club et qui a connu un certain succès auprès des deejays et notamment de l’incontournable Gilles Peterson, avec son premier LP et le single "Perfect Day". Hommage à la bossa, au jazz à l’exotica de Martin Denny, "Kiss Of Kali" rappelle par certains aspects le côté à la fois rétro et décalé que l’on retrouve dans le projet Senor Coconut avec des titres à la fois légers, dansants et sensuels... Bref un album qui annonce l’été avec conviction.
[7/10] infracom/Module - mars 2009 Le making-of de l'album :
La surprise du mois est signé Christian Naujoks, un composteur de musique contemporaine qui n ‘hésite pas par ailleurs à tâter de la pop ou de la musique électronique. Résultat, il sort un premier album au confluent des genres, ni vraiment expérimental, ni vraiment pop, qui séduit dès la première écoute avec des morceaux simples et complexes à la fois. En fait, tout le talent de Christian Naujoks est d’avoir su trouver l’équilibre parfait entre compositions avant-gardistes (façon Steve Reich ou Terry Riley) et chansons pop dépouillées, voire minimalistes dans un ensemble pourtant très cohérent et très limpide. Si vous aimez entre surpris entre deux grosses productions par quelque chose qui sort de l’ordinaire, sûr que ce court album signé de l’allemand Christian Naujoks fera parfaitement l’affaire.
[8/10] Dial/module - avril 2009 Christian Naujoks : Maladies
Christian Naujoks : Off The Rose
Tracklist : 1. Horizon Scene 2. Maladies 3. Young Blood 4. Idyll 5. Two Epilogues: No.1 6. Two Epilogues: No.2 7. Off The Rose 8. Light Over The Ranges 9. Bar 27 10. TTT 11. Bloom 12. Bass Of Rome, No Radio 13. Baby Blue
Trois ans après le succès de "Fur and Gold", l’anglo-pakistanaise Natasha Khan / Bat For Lashes revient avec "Two Suns", un second album dans lequel elle imprime un peu plus sa personnalité sur une musique à la fois envoûtante et maniérée qui, a la manière d’une Bjork ou d’une Kate Bush, réussit à créer un univers très personnel où les atmosphères, l’ambiance, à la fois mystique et éthérée occupent une grande place. Si l’effet de surprise ne marche pas autant que sur le précédent Lp, on retrouve pourtant bien tout ce qui fait le charme de la demoiselle. Malgré tout il semble manquer quelque chose à tout ça pour nous convaincre et nous laisser emporter totalement par ces chansons... N’est pas Cocorosie qui veut.
[6.5/10] Parlophone/EMI - avril 2009
Tracklist: 1 Glass 2 Sleep Alone 3 Moon And Moon 4 Daniel 5 Peace Of Mind 6 Siren Song 7 Pearl's Dream 8 Good Love 9 Two Planets 10 Travelling Woman 11 The Big Sleep