23 janvier 2012

Chairlift – Something

Si le premier album de Chairlift ne manquait pas de charme, situant la musique de ce groupe dans une veine electro pop minimaliste, entre boites à rythmes légères, claviers 80’s et guitares discrètes. Quatre ans après ce premier essai, plus un succès de publicité avec le single "Bruises", mais un membre de moins (le guitariste Aaron Pfenning), le duo Caroline Polachek et Patrick Wimberly repart à l’assaut des charts indés, avec un nouvel album produit pas Dan Carey (Hot Chip, Franz Ferdinand...). Si cette production s’avère logiquement plus mature, plus ronde et plus travaillée que la précédente, on ne peut pas dire que le groupe ait forcément changé grand chose dans sa manière de faire, malgré les années. Si les influences et les sonorités 80’s de rigueur sont bien présentes, pour le reste Chairlift a bien du mal de se démarquer du tout-venant pop indé malgré un son et deux ou trois singles assez accrocheurs.
Et si Chairlift est un bon produit de grande surface, bien calibré, il lui manque, comme beaucoup d’autres actuellement, un peu d’âme et de caractère pour s’installer durablement dans le paysage musical indié et ne pas finir noyé dans la masse.
[6/10]
Columbia/Sony- janv. 2012

A écouter sur deezer et spotify

19 janvier 2012

Gui Boratto - III

On peut dire que Gui Boratto a l’art de vulgariser la techno, de l’accommoder avec d’autres influences, de la rendre chaleureuse, humaine et ouverte sur la pop, quitte, parfois, à perde un peu d’auditeurs en route ou au moins à semer le doute sur ses intentions. Contrairement à beaucoup d’artistes œuvrant dans ce genre, Gui Boratto montre que l’on peut faire une musique électronique assez dépouillée tout en étant très accessible et jamais chiante. La raison à cela réside sans doute dans le fait que le brésilien ne néglige jamais les mélodies et construit la plupart du temps des morceaux très confortables et très facile à écouter.
Sur ce denier album, où il fait encore évoluer son style, Gui Boratto montre, à l’image d’un Apparat qu’il peut réussir à nous toucher avec pas grand-chose : des beats délicats, des lignes de synthés bien dosées, des mélodies tristes et surtout beaucoup d’efficacité. Un album d’où domine la basse. Une basse à la fois profonde, puissante et claire, véritable colonne vertébrale du disque, et qui nous tient en éveil, principalement dans la première partie du disque, avant de s’estomper peu à peu. Un Généreux et très agréable ce troisième album de Gui Boratto est sans doute sa meilleure à ce jour.
[8.5/10]
Kompakt - 2011

A écouter sur grooveshark

16 janvier 2012

Jonathan Fitoussi – Pluralis

Musicien parisien, rattaché aux projets Fuschia Music et Two Colours, mais aussi restaurant des archives radiophoniques à l'INA, Jonathan Fitoussi mène également une carrière solo qui voit fin 2011 la parution de son premier album, l’étonnant "Pluralis".
Dans un style résolument ambient, Jonathan Fitoussi rappelle également le son des albums de Labradford (et par extension Pan Amerian),deux groupes auxquels on pense immédiatement à l’écoute de ses compositions. A l’image du trio américain, Jonathan Fitoussi construit, entre guitares et claviers, des pièces musicales abstraites aux motifs répétés et qui ont l’avantage de se révéler tout de suit très attractives malgré leur aspect très dépouillé. La raison à cela réside sans doute dans la capacité qu’à Jonathan Fitoussi à arranger ses sons avec soin, à faire cohabiter les instruments de manière à créer une musique cosmique et atmosphérique très agréable, tout en progression.
Car, si tout l’art de l’ambient music est de faire avec presque rien des musiques envoûtantes, touchantes voire carrément émouvantes, à ce petit jeu-là, Jonathan Fitoussi a réussi son coup.
[8/10]
Pan European Recording - déc. 2011



Album à écouter sur deezer et spotify

13 janvier 2012

Woodini – Chrysalid

Avec cette pochette assez mystérieuse qui ne dit pas grand chose sur ce qui nous attend, Woodini débarque entouré de mystère. Un mystère vite levé puisque dès les premières minutes on sait très vite à qui et à quoi on affaire. Car "Chrysalid" a tout de suite quelque chose de très familier pour qui aime par exemple les musiques de Tosca et autres viennoiseries du début 2000, comme on en trouvait sur G-stone, le label de Kruder & Dorfmeister. Un son bien chaleureux, un peu trip hop, un peu breakbeat, avec des voix douces, des beats tranquilles, des samples délicats, des sonorités rondes… c’est tout ce qui caractérise le son agréable de Woodini.
Rien de bien révolutionnaire donc dans ce Ep, mais juste le plaisir d’écouter une musique électronique douce et pépère déclinée sur 5 titres irrésistibles.
[7.5/10]
Woodini - janv. 2012

12 janvier 2012

9th Cloud – 43 Sunsets

Ingénieur audiovisuel à la ville, le marseillais 9th cloud compose depuis le début des années 2000 des musiques électroniques, au départ downtempo / trip-hop et qui, avec le temps, on muté vers le breakbeat, avec des sonorités plus épaisses, plus distordues comme on peut s’en rendre compte à l’image de son dernier EP "43 sunsets".
A l’image d’un Depht affect, passé "maître étalon français" dans le genre, 9th cloud tire son épingle du jeu et balançant balance du gros son, avec une electronica warpienne très agréable quoi qu’assez prévisible dans l’ensemble et sans réelle originalité.
[7/10]
Monkey Moods - janv. 2012

06 janvier 2012

Einkaufen - Einkaufen

Ceux qui ont suivi la belle aventure des labels Gooom et Antimatière n’auront pas oublié la formation alsacienne KG qui sortit 3 albums entre la fin des années 90 et le début 2000. Rémy Bux membre de KG est de retour sur le devant de la scène (ou presque) au sein du projet Einkaufen où il s’occupe des synthés et des boites à rythmes. Autour de lui gravitent deux jeunes femmes entre chant et guitare et avec des chansons très énergiques.
Après un premier Ep paru en 2010, le trio poursuit logiquement l’aventure avec un album confirmant le son power pop entendu sur les titres VI VIII XIII. Un gros son avec riffs de guitare en avant auquel on n’est pas forcement habitué chez Herzfeld et qui nous ramène directement au son des années 90, à ces groupes de filles (Echobelly, Catatonia…) se singularisant par des textes un rien provoc (IX), des voix éthérées très sensuelles et des guitares bien en avant. Si l’album a, en soi, rien de bien nouveau et a tendance par moment à avancer en mode automatique, il n’en reste pas moins un objet de plaisir très agréable dans lequel on plongera sans retenue ni arrière-pensée.
[7/10]
Herzfeld - déc. 2011

Album à écouter sur spotify et deezer

05 janvier 2012

Das Racist - Relax

Loin du bling bling chamallow hip hop r’n’b de Kanye Wast et consorts, existe encore un hip hop inventif et primesautier dont Das Racist est un des derniers exemples en date.
Enfin, hip hop c ‘est vite dit, vue que le combo de Brooklyn (remarqué suite à la parution de 2 mixtapes) semble vouloir faire une musique ou chaque titre serait une invitation à découvrir d’autres courants, d’autres continents.
Ainsi, au fil des morceaux, on découvre des titres assez barrés, portés par le flow tranquille et malin d’un trio qui joue avant tout sur l’humour en compagnie de quelques invités ayant pour nom Diplo, El-P ou Danny Brown.
Sans être forcément génial ni atteindre la qualité des production des N.E.R.D, Das Racist s’en sort plutôt pas mal, réussissant sortir, dans un album assez très patchwork qui part un peu dans tous les sens, une poignée de singles pop plutôt réussis qui suffiront à notre bonheur, pour croire que ce groupe est capable de passer, pourquoi pas, du statut d’espoir à celui de confirmation à leur prochaine sortie.
[7/10]
Greedhead Music/Modul- nov. 2011

A écouter sur deezer et spotify

29 décembre 2011

The Keys – Long Time No Sea

Depuis 2006, le français Boris Paillard est exilé au canada et c’est depuis là-bas qu’il nous envoie ses cartes postales musicales bigarrées comme en atteste son nouvel album "Long Time No seas".
Totalement inclassable, la musique de ce garçon est à l’égal de son parcours musical (Punk, rap…) c'est-à-dire nourrie d’influences et de styles venus du monde entier qui rejaillissent dans des titres plein de vie et d’énergie.
Enregistré à la Guadeloupe, aux Etats-Unis et au Canada en compagnie d’une quarantaine de musiciens, cet album s’écoute comme une sorte de bande son d’un voyage sonore, qui vous conduit d’Amérique en Afrique, à travers des titres aux sonorités chaudes, remplis d’instruments de toutes sortes.
Parfait en saison hivernale, "Long Time No seas" est un album chaleureux qui vous file la patate et met l’ambiance dans votre tête sans besoin d'user de la moindre substance illicite.
[7/10]
Another records - oct. 2011

Album à écouter sur deezer et spotify

21 décembre 2011

Mi And L'Au - If Beauty Is A Crime

Si cet album a été inspiré par des souvenirs de vieux films et plus particulièrement ceux dont les B.O étaient signées François de Roubaix, on ne peut pas dire, à première vue, qu’ il y ait beaucoup de ressemblance entre "If Beauty Is A Crime" et les B.O de "La scoumoune", "Adieu L’ami" ou "Dernier domicile connu"... ("Le samouraï peut-être ?). Mais au fond peu importe car la musique de la Finlandaise Mira Romantschuk et du Français Laurent Leclerc a d’autres arguments à faire valoir et quelques qualités intrinsèques, dont celle de distiller une pop électronique froide, alanguie mais pleine de charme et très agréable à l'image de celle de Mohini Geisweiller que l'on avait particulièrement aimée sur l’album "Event Horizon".
Disque de saison, "If Beauty Is A Crime" ne vous réchauffera pas forcément le cœur ni l’âme mais aura au moins le mérite de remettre au goût du jour la musique douce et mélancolique de ce duo discret dont il est urgent de redécouvrir la discographie.
[7.5/10]
Loaf/Module - janv. 2012

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